Une ligne de colle est la trace laissée en surface d'un panneau large obtenu par aboutage de lamelles massives. Elle ne se réduit pas à un cordon : un joint complet comprend le film de colle lui-même, les aiguilles de colle figées dans les vaisseaux des deux flancs, et la zone comprimée née du serrage. En finition bois, c'est un défaut typiquement créé côté support et révélé côté couche : la qualité de l'aboutage se découvre souvent au verni, jamais au contrôle de la colle.
L'essentiel La cause est dans la colle, la facture est sur la finition, et il faut séparer trois routes distinctes. Chaleur : les dispersions PVAc sont thermoplastiques, avec une Tg autour de 28-30 °C ; au-delà d'environ 40 °C, une étuve de matage, une lampe ou un meuble fermé en plein soleil font passer le joint à l'état caoutchouteux, il flue et copie le relief du support dans le film déjà réticulé. Pores : la colle obture les vaisseaux de part et d'autre du joint, teinte et apprêt ne pénètrent plus, une bande plus claire et plus mate apparaît. Chimie : le PVAc se regonfle ou se redissout dans les cétones, esters, alcools, aromatiques et solvants chlorés, et ses groupes ester s'hydrolysent en acide acétique. Une erreur de choix revient souvent : la classe D3 de EN 204 ne déclare que la durabilité à l'eau, la norme précise qu'elle ne spécifie pas la tenue en température des joints collés, donc D3 ne vaut pas tenue à l'étuve. Par ordre : rendre le joint mince, propre et totalement réticulé en amont, puis l'isoler par un bloqueur, une couche de corps et un verni souple.
1. Les chiffres utiles, d'abord
- Épaisseur du joint collé : EN 301 définit un joint collé fin d'épaisseur inférieure ou égale à 0,1 mm, obtenu en général par pressage sans cales ni rainures à (0,8±0,1) N/mm² ; un joint épais va de 0,3 à 2,0 mm, avec cales ou rainures. Un panneau dont la colle exude en cordon a quitté la fenêtre du joint fin.
- Fenêtre thermique de la colle : l'acétate de polyvinyle a une température de transition vitreuse Tg d'environ 28-30 °C (les manuels donnent 28-40 °C), une masse volumique proche de 1,19 g/cm³ et une résistance en traction d'environ 34 MPa. Les revues signalent aussi que le collage PVAc à froid se maintient en général sous environ 80 °C.
- Seuils de durabilité à l'eau : le tableau 2 de EN 204:2016 fixe les valeurs planchers de résistance moyenne sur joint fin. La séquence 1 (climat normalisé, 7 jours) exige 10 N/mm² pour D1, D2, D3 et D4. La séquence 2 (7 jours en climat normalisé, 3 h dans l'eau à 20±5 °C, 7 jours en climat normalisé) exige 8 N/mm² pour D2. La séquence 3 (7 jours puis 4 jours dans l'eau, essai à l'état humide) exige 2 N/mm² pour D3 et 4 N/mm² pour D4. La séquence avec séchage après 4 jours d'immersion et 7 jours de retour exige 8 N/mm². D4 doit de plus passer la séquence eau bouillante (6 h d'ébullition, 2 h dans l'eau) à 4 N/mm². L'appréciation se fait sur la moyenne de 20 éprouvettes, valeur individuelle arrondie à 0,1 N/mm².
- Climat d'essai : EN 204 utilise (20±2) °C à (65±5)% d'humidité relative, ou (23±2) °C à (50±5)%. Ce n'est pas la fenêtre de travail d'une cabine de pulvérisation : une colle conforme ne garantit pas une finition conforme.
- Niveaux mesurés : sur hêtre européen (Fagus sylvatica), six marques commerciales de PVAc D3 ont donné des résistances en cisaillement de recouvrement de 11,48-13,18 N/mm² avec une part élevée de rupture dans le bois. Éprouvettes séchées à masse constante à (20±2) °C et (65±5)% d'humidité relative ; masse volumique du hêtre mesurée à 0,722 g/cm³.
- Longueur des doigts d'aboutage : préparées selon EN 385 et essayées selon ISO 10983 et DIN 52186, les aboutages en hêtre ont atteint une rupture en flexion de 33,51-82,24 N/mm² sans vapeur et 34,90-80,27 N/mm² après traitement vapeur ; un doigt de 10 mm surpasse un doigt de 4 mm, et les auteurs recommandent 10 mm avec une colle PVAc de classe D3 pour le bois de meuble.
- Fenêtre de procédé (données professionnelles publiées) : double encollage de 200-250 g/m² ; temps ouvert d'environ 10 à 20 min ; pression de pressage à froid généralement 0,5-1,5 MPa (les machines abouteuses se placent à 0,8-1,2 MPa) ; maintien 2 à 6 h à froid, ou 15 à 30 min vers 70 °C ; une colle de panneaux à base d'eau ne doit pas passer à l'étape suivante moins de 12 h après déchargement, et à 23 °C la pleine résistance demande en règle 24 h ou plus.
- Précision du support et humidité : les faces à coller doivent être exemptes de traces de scie, de rabotage et de carbonisation, tenues à 0,05-0,1 mm ; l'humidité du bois au collage se situe entre 8 % et 12 %, avec au plus 2 % d'écart entre pièces voisines. Le tableau 3 de LY/T 1738-2020 donne une plage d'humidité de 6-12 % et une stabilité dimensionnelle inférieure ou égale à 0,12 % pour le contreplaqué support.
- Un critère quantifié de santé du joint : LY/T 1738-2020 n'accepte le décollement que si, par éprouvette et par couche de colle, la longueur cumulée décollée sur chaque bord reste inférieure à 25 mm. Voilà qui transforme la question « le joint est-il sain » en une longueur mesurable, exactement ce qu'il faut pour un contrôle à réception.
2. Pourquoi le joint devient visible sous le film
Ce que voit l'atelier de finition n'est pas un seul défaut. Trois phénomènes aux causes différentes se ressemblent, et les traiter comme un seul mène à une mauvaise formulation.
2.1 Bande claire : la colle ferme les pores
Une dispersion PVAc prend par migration de l'eau dans le bois et coalescence des particules. Sous pression, une partie de la colle est chassée dans les vaisseaux et les lumières des deux côtés du joint et s'y fige en aiguilles. Ces aiguilles obturent les voies ouvertes : la prise de liquide chute au droit du joint, la teinte n'entre pas, l'apprêt ne pénètre pas, et le verni se pose sur un film vitreux au lieu de la fibre. Le résultat est une bande le long du joint, plus claire, plus brillante ou plus mate, surtout quand la teinte précède la couche. L'erreur répétitivement signalée : essuyer l'excédent frais au chiffon humide, ce qui étale la colle dans une zone bien plus large de pores et transforme une ligne en tache.
2.2 Reliefs et creux : écart de module et de retrait
Le bois est anisotrope et hygroscopique, avec des retraits tangentiel et radial nettement différents ; un joint réticulé est relativement rigide et absorbe peu d'humidité. Leurs déplacements divergent dès que la teneur en eau bouge, d'où un ressaut microscopique sur le joint. Le ponçage l'efface une fois, mais il revient quand le panneau se rééquilibre : voilà pourquoi un panneau plat après ponçage montre à nouveau le joint sous le verni.
2.3 Décoloration sous chaleur et UV
Les critiques des PVAc D3 classiques relèvent deux problèmes directement utiles à la finition : la coloration du joint collé et la salissure indirecte du bois, plus nettes sur certaines essences et plus fréquentes en présence de chaleur ou de rayonnement ultraviolet, par formation de chromophores. Concrètement : plus l'étuve est chaude, plus la dose d'UV est élevée, plus l'essence est claire (érable, bouleau, chêne), plus une ligne foncée ou jaunie devient visible sous un verni clair.
3. Mécanismes : trois fronts d'attaque
3.1 Chaleur : Tg et fluage, et ce que EN 204 ne couvre pas
Le PVAc est thermoplastique, Tg proche de 28-30 °C. En service ambiant, le joint reste en bord d'état vitreux et porte correctement. Au-delà d'environ 40 °C — étuve de matage basse température, échauffement dû à une lampe, meuble fermé exposé, conteneur chaud en transit — la couche passe à l'état caoutchouteux, son module s'effondre et elle flue. Les ondulations minimes du support se copient alors dans un verni déjà réticulé, et un joint existant s'amincit par endroits. Le point clé : la clause de domaine de EN 204 énonce que la norme ne spécifie pas la tenue en température des joints collés. D3 répond à l'eau, pas à la chaleur. Pour la chaleur et la charge durable, on se tourne vers EN 301 (colles phénoliques et aminoplastes pour bois porteur) ou EN 15425 (polyuréthane monocomposant), qui comportent des critères de température et de fluage.
3.2 Solvants : regonflement, parfois redispersion
Le PVAc se dissout ou se gonfle fortement dans les aromatiques, cétones, alcools, esters et solvants chlorés : acétone, acétate d'éthyle, éthanol, toluène, trichlorométhane. Presque chaque étape de finition les rencontre : teintes nitro et alkydes, diluants portés par esters ou cétones, solvants de nettoyage de pistolet, et même les cosolvants glycolérés ajoutés aux produits à l'eau pour l'étalement. Deux conséquences : le joint est attaqué localement, et toute couche posée sur ce film vitreux se décolle d'un tenant ; les colles en dispersion sont réversibles, les revues notant que l'humidité ramène le PVAc près de son état liquide initial, d'où la recommandation de ne pas les employer sur des assemblages en charge permanente ou exposés simultanément à chaleur et humidité élevées.
3.3 Hydrolyse : acide acétique et boucle d'auto-accélération
Le groupe acétate s'hydrolyse en alcool polyvinylique et acide acétique, catalysé par acide ou base. Une hydrolyse lente dans la couche réticulée accumule de l'acide acétique, acidifie le micro-environnement et accélère l'hydrolyse suivante ; la littérature classe le pH acide dû à l'acide acétique parmi les inconvénients récurrents des PVAc D3 classiques, avec la corrosion du matériel et la chimie des réticuleurs. Côté finition, le joint n'est donc pas dans le même régime de pH et d'humidité que le bois voisin : les vernis clairs dérivent en teinte le long du joint, et une barrière de vapeur insuffisante dans le film accélère la boucle hydrolyse et ré-émulsion.
3.4 Contrainte : l'écart de retrait fait du joint le point faible
Lorsque les lamelles voisines viennent de séchoirs, de faces ou de tris différents, les gradients d'humidité produisent des retraits inégaux. La limite couramment exigée de 2 % entre pièces voisines existe pour éviter ce « panneau unique, rythmes différents ». La couche doit alors couvrir le déplacement par son allongement, sinon le joint apparaît en fissure fine sur le film : c'est une question d'épaisseur et de souplesse, pas de résistance de la colle.
4. Apprécier avec des nombres
4.1 Côté colle : EN 205, EN 204 et LY/T 1738
Le système européen associe une méthode (EN 205:2016, cisaillement de recouvrement) et une classification (EN 204:2016, tableau 2) : on choisit les séquences de conditionnement de la classe déclarée, puis on apprécie sur la moyenne de 20 éprouvettes. Deux détails comptent. Les essais portent sur des joints fins, la version 2016 de EN 204 ayant supprimé les références aux joints épais : une éprouvette pressée à l'échelle du 0,1 mm est le seul cas comparable. Et dans les séquences 3 et 5, les éprouvettes sont essayées à l'état humide immédiatement après sortie de l'eau : les valeurs humides sont naturellement inférieures aux valeurs sèches et ne peuvent pas être remplacées.
4.2 Côté finition : la série GB/T 4893 quantifie le film
GB/T 3324, conditions générales des meubles en bois, renvoie les performances de couche à la série GB/T 4893, dont 4893.1-2021 liquides froids, 4893.2-2020 chaleur humide, 4893.3-2020 chaleur sèche, 4893.4-2013 adhérence par quadrillage, 4893.7-2013 chocs thermiques, 4893.8-2023 abrasion et 4893.9-2013 choc. La combinaison la plus discriminante est chaleur sèche, choc thermique et quadrillage : la chaleur sèche (4893.3) amplifie la révélation du joint et le blanchiment sous charge thermique, le choc thermique (4893.7) amplifie le désaccord en fissure ou en soulèvement, et le quadrillage (4893.4) dit si la rupture est dans le bois ou à l'interface avec le film de colle.
| Séquence | Conditionnement | D1 | D2 | D3 | D4 |
|---|---|---|---|---|---|
| 1 | 7 jours en climat normalisé | 10 N/mm² | 10 N/mm² | 10 N/mm² | 10 N/mm² |
| 2 | 7 j climat + 3 h dans l'eau à 20±5 °C + 7 j climat | — | 8 N/mm² | 8 N/mm² | — |
| 3 | 7 j climat + 4 j dans l'eau à 20±5 °C, essai humide | — | — | 2 N/mm² | 4 N/mm² |
| 4 | 7 j climat + 4 j eau + 7 j climat | — | — | — | 8 N/mm² |
| 5 | 7 j climat + 6 h eau bouillante + 2 h eau à 20±5 °C | — | — | — | 4 N/mm² |
Note : climat normalisé (20±2) °C à (65±5)% d'humidité relative ou (23±2) °C à (50±5)% ; valeurs moyennes sur 20 éprouvettes, résultat individuel arrondi à 0,1 N/mm² ; « — » signifie que la classe n'exige pas cette séquence. Les résumés de seconde main divergent sur l'appartenance de certaines cases à D3 ou D4, donc une décision formelle doit suivre le texte officiel de EN 204:2016.
4.3 Trois contrôles rapides à l'atelier
- Effleurement pour voir les reliefs : passer une lampe rase le long du joint ; creux et bosses apparaissent immédiatement en ombre, ce qui décide du ponçage ou du blocage.
- Tampon de solvant sur le joint : frotter dix fois dans un seul sens avec de l'éthanol, ou le diluant de l'atelier. Tampon jaunissant ou joint collant signifie regonflement : la teinte doit être isolée.
- Cercle humide pour la prise : tracer un cercle au chiffon mouillé sur le joint puis sur le bois voisin et comparer la perte de brillance. Un écart important indique des pores obstrués et réclame un bloqueur moins visqueux ou une passe de plus.
5. Côté support : quatre barrières pour neutraliser le joint
5.1 Encollage et pression : l'épaisseur est la cible
Le but n'est pas « plus de colle, plus sûr » mais un joint fin et continu. Le double encollage à 200-250 g/m² est courant. Une pression trop faible laisse un joint épais et criblé de vides ; trop forte l'appauvrit en colle. La fenêtre de pressage à froid publiée, 0,5-1,5 MPa avec les machines abouteuses à 0,8-1,2 MPa, recoupe la valeur EN 301 de (0,8±0,1) N/mm² et sert de référence.
5.2 Humidité et régularité : un panneau, un rythme
Conditionner le bois dans une salle régulée, par exemple 20±2 °C à une humidité relative de 50±5 %, jusqu'à 8 % à 12 % d'humidité, en gardant les pièces voisines à moins de 2 % d'écart. Au-dessus, par exemple 10 à 14 %, il faut prolonger le maintien pour la pénétration et la réticulation. Cette étape règle la profondeur des aiguilles de colle, donc l'ampleur de l'écart de prise décrit en 2.1.
5.3 Temps ouvert, maintien et cadence vers l'étape suivante
Le temps ouvert se resserre avec la température et l'humidité, généralement 10 à 20 min. D2 et D3 sont des systèmes monocomposants auto-catalytiques qui prennent à froid dès environ 15 min, accélération possible par la chaleur. Le maintien à froid dure 2 à 6 h, le pressage à chaud 15 à 30 min vers 70 °C. Une colle de panneau à base d'eau ne doit pas passer à l'usinage moins de 12 h après déchargement, et à 23 °C la montée complète en résistance demande 24 h ou plus. C'est la cadence que la pression de production comprime en premier, et c'est pourquoi les défauts de joint se révèlent tard.
5.4 Retrait des excédents : attendre le gel, pas de chiffon humide
La pratique courante consiste à laisser l'excédent passer à un état caoutchouteux puis à le parer à l'outil creux, ou à le laisser sécher et gratter, puis à reponcer toute la face selon la gamme de grains de l'atelier (120 à 180 est fréquent). Essuyer à l'humide étale la colle dans beaucoup plus de pores et transforme une ligne maîtrisable en une zone incontrôlable.
6. Choix de la colle et compatibilité de finition
6.1 Quatre familles, quatre comportements sous le verni
Les PVAc D2 et D3 monocomposants sont économiques, simples à mettre en œuvre, avec un joint fin et clair, adaptés aux assemblages intérieurs non porteurs ; leurs limites sont explicites, pas de chaleur permanente, pas d'humidité haute prolongée, et sensibilité au regonflement par solvant, donc à associer aux systèmes à l'eau à matage basse température. Les PVAc bicomposants avec durcisseur isocyanique forment une couche réticulée qui ne se redissout plus simplement et réduisent le risque lié aux teintes solvantées ; la littérature est nette, les PVAc de classe D4 sont presque systématiquement bicomposants. Les polyuréthanes réticulent à l'humidité en liaisons urée, avec une meilleure tenue à l'eau, à la chaleur et au fluage ; les données professionnelles citent des adhérences supérieures à 12 MPa avec tenue à l'ébullition, au prix d'une sensibilité accrue à l'humidité du bois et à la cadence, et d'un joint rigide face au désaccord décrit en 2.2. Les systèmes aminoplastes et phénoliques, thermodurcissables, offrent les marges les plus larges et se jugent dans EN 301, qui distingue l'emploi classe 1 (résineux en moyenne à 12 % d'humidité au plus), classe 2 (20 % au plus, extérieur abrité) et classe 3 (davantage, extérieur nu) ; le meuble n'atteint ce niveau qu'en extérieur ou en pièce portante.
| Colle | Le joint | Chaleur et fluage | Solvants | Risque de finition | Parade |
|---|---|---|---|---|---|
| PVAc D2/D3 mono | fin, clair, presque transparent | Tg vers 28-30 °C, flue à chaud | regonflement par cétones, esters, alcools | empreinte du joint à l'étuve, jaunissement à la teinte | matage basse température, couche d'isolement, éviter les teintes fortement solvantées |
| PVAc bi + durcisseur | légèrement plus épais, pot life limité | meilleur | meilleur | joints appauvris si le pot life est dépassé | ratio et temps ouvert stricts |
| PUR | joint dur, réticulation à l'humidité | bon, tient l'ébullition | bon | concentration de contrainte, soulèvement de bord | couche de corps souple, contrôle strict humidité et cadence |
| MUF / PF thermodurcissable | ligne foncée visible | bon | bon | la couleur du joint traverse le film | couche couvrante ou compensation par teinte |
7. Côté finition : bloquer, construire, assouplir
7.1 Blocage et isolement
Appliquer d'abord une passe de bloqueur peu visqueux et pénétrant sur le joint, pour réduire l'écart d'énergie de surface entre la zone obstruée et le bois normal avant l'apprêt. Un fond dur de ponçage remplit aussi la fonction de blocage des extraits et des tanins ; si les deux problèmes coexistent, régler d'abord le risque de salissure.
7.2 Teintage et compensation de couleur
La bande claire se rattrape en sens inverse par une teinte ou un glacis — et les teintes contiennent souvent alcools, esters ou cétones, soit exactement le risque du 3.2. Approche prudente : laisser réticuler complètement la couche d'isolement avant teintage, travailler à viscosité plus basse et à pression d'essuyage réduite, et valider sur les essences claires sensibles comme l'érable, le bouleau et le chêne.
7.3 Couche de corps, épaisseurs et souplesse du verni
Redresser un ressaut microscopique coûte moins cher en couche de corps qu'en verni, et l'épaisseur ajoutée éloigne l'interface du film de colle vitreux ; garder le ponçage intercouche dans la gamme de grains pour ne pas recréuser le ressaut. Le verni doit couvrir un déplacement, non une charge : le rapport NCO sur OH et la montée en dureté d'un polyuréthane bicomposant fixent le plafond d'élasticité.
7.4 Plafond d'étuvage et matage basse température
Maintenir la température d'étuvage au-dessus de la Tg de la colle et sous son seuil d'écoulement est le réglage que l'atelier de finition tient vraiment. Les voies UV et UV à LED remplacent le matage thermique par un faible apport de chaleur et évitent le fluage à la source, même si échauffement local et photo-oxydation restent à contrôler sur essences claires.
| Signal sur le film | Cause principale | Amplificateur | Contrôle mesurable | Réparation utile |
|---|---|---|---|---|
| Bande claire sur le joint, ne prend pas la teinte | aiguilles de colle qui obturent les pores | teinte avant verni, essences à gros pores | écart de perte de brillance au cercle humide | bloqueur peu visqueux puis compensation |
| Ligne foncée ou jaunie sur le joint | formation de chromophores dans la couche | étuve chaude, dose UV élevée, essence claire | GB/T 4893.3 chaleur sèche, 4893.7 choc thermique | baisser l'étuvage ou passer aux UV à LED, viser bi ou PUR |
| Crête ou creux sur le joint | désaccord de module et de retrait, fluage au-dessus de Tg | travail au-dessus de 28-30 °C, étape suivante moins de 12 h après déchargement | lumière rase ; vérifier le joint à 0,05-0,1 mm | couche de corps puis vraie cadence de réticulation |
| Fine fissure sur le joint | allongement du verni insuffisant | pièces voisines à plus de 2 % d'écart d'humidité | GB/T 4893.7 en cycles | augmenter l'élasticité NCO, maîtriser l'humidité |
| Décollement par plaques sur le joint | les solvants de teinte regonflent la couche ; la couche repose sur le film de colle | teintes à cétones ou esters, forte épaisseur en une passe | GB/T 4893.4 mode de rupture au quadrillage | réticuler l'isolement d'abord, teintes à l'eau peu gonflantes |
8. Erreurs fréquentes
- Lire D3 comme une tenue à l'étuve : EN 204 ne spécifie pas la tenue en température des joints collés.
- Essuyer l'excédent à l'humide : une ligne devient une tache que le blocage ne rattrape plus.
- Croire que plus de colle est plus fort : un joint épais de 0,3 à 2,0 mm est déjà le défaut ; la cible est un joint à 0,1 mm ou moins.
- Enchaîner la finition juste après déchargement : la résistance n'est pas établie en moins de 12 h, et chaleur plus solvant accélèrent la rupture.
- Ne tester que la résistance de la colle, jamais l'interface : les problèmes d'adhérence siègent sur le film vitreux, pas dans la fibre.
- Penser qu'un seul ponçage efface le ressaut : c'est temporaire, le relief revient à la rééquilibration.
9. Questions fréquentes
Une finition bois à l'eau rouvre-t-elle le joint de colle ?
Un contact bref avec l'eau reste gérable pour une couche D3 correctement réticulée : la norme elle-même tolère 2 N/mm² à l'état humide. Ce qui décide n'est pas un mouillage ponctuel mais une humidité longue cumulée à des cosolvants, la classe de la colle, le respect des 24 h de réticulation et la capacité du bloqueur à réduire le flux de vapeur.
Pourquoi le joint apparaît sur certains panneaux d'un lot et pas d'autres ?
La visibilité suit les gradients d'humidité dans l'assemblage et la répartition des épaisseurs de joint. Tenir les pièces voisines à moins de 2 %, avec encollage et pression constants, réduit la dispersion. Nœuds, contre-fil et écrasage inégal l'augmentent.
Un verni peut-il seulement masquer le joint ?
Pas de façon fiable. Un verni change la couleur, pas le relief ni l'interface, et l'épaissir a tendance à dessiner la limite. Bloquer, construire en couche de corps, puis laisser le verni tenir la durabilité et le toucher.
La réticulation UV à LED aggrave-t-elle le problème ?
Les UV à LED apportent beaucoup moins de chaleur qu'une étuve ou une lampe à mercure : la révélation par fluage diminue en général. L'échauffement local et la photo-oxydation restent concernés, la littérature citant le rayonnement UV comme déclencheur de coloration du joint, donc valider dose et montée en température sur essences claires.
Pour un meuble exporté en Europe, que doivent respecter colle et finition ?
La durabilité à l'eau de la colle se classe selon EN 204 avec EN 205 comme méthode ; les performances de couche s'acceptent en général contre EN 12720 et cahiers internes ; les substances dangereuses suivent GB 18581-2020 ou les règles du marché de destination. Aucun des trois ne remplace les autres, et la cohérence échantillon-série doit être documentée de chaque côté. Sur le plan commercial, un accord en EXW ou FOB est possible.
Comment réparer un film où le joint est déjà visible ?
Classer d'abord. Un relief demande une reprise de plan puis une couche de corps. Une coloration demande un isolement avant recouvrement. Une perte d'adhérence demande une appréciation au quadrillage avant de choisir la profondeur de ponçage. Si la cause est une attaque thermique ou par solvant de la couche, corriger aussi les paramètres de procédé, sinon le défaut revient.
Au-delà de l'humidité, quelles valeurs peuvent être enregistrées ?
Épaisseur de joint à 0,1 mm ou moins, encollage à 200-250 g/m², fenêtre de pression 0,5-1,5 MPa, délai avant l'étape suivante de 12 h au moins, et un critère de décollement exprimé en longueur, chaque bord cumulant au plus 25 mm selon LY/T 1738-2020. Reportés dans un dossier de réception et de première pièce, ils valent mieux qu'un « contrôle visuel du joint ».
Lectures liées
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Références
- BS EN 204:2016, classification des colles bois thermoplastiques pour emplois non structurels (CEN/TC 193, secrétariat AENOR ; remplace EN 204:2001 ; suppression des références aux joints épais, appréciation sur 20 éprouvettes, séquences de conditionnement détaillées au tableau 2).
- EN 205:2016, colles pour bois — détermination de la résistance au cisaillement de recouvrement.
- DIN EN 301:2018 et EN 301:2023+A1:2025, définition du joint fin jusqu'à 0,1 mm, pressage à (0,8±0,1) N/mm², joint épais 0,3-2,0 mm, classes d'emploi 1 à 3.
- EN 15425:2008, colles polyuréthane monocomposantes pour structures bois porteuses.
- I. Barboutis, V. Kamperidou, cisaillement d'assemblages en hêtre collés avec des PVAc D3 du commerce, International Journal of Adhesion and Adhesives (2021), PII S0143749620302372.
- V. Vassiliou, I. Barboutis, S. Karastergiou, effet du collage PVAc sur la résistance des aboutages de hêtre, Journal of Applied Polymer Science 103 (2007) 1664-1669, DOI 10.1002/app.25079.
- A. Chiozza et al., innovation sur les colles PVAc D3 hydrorésistantes pour l'industrie du bois, International Journal of Adhesion and Adhesives (2016).
- LY/T 1738-2020, contreplaqué pour parquet, tableau 3 des performances physiques.
- GB/T 3324, conditions générales des meubles en bois, et les parties citées GB/T 4893 et GB/T 1927.4-2021.
- GB 18581-2020, limites de substances dangereuses des peintures pour bois ; HG/T 2727-2010, dispersions PVAc pour colle bois.
- Données polymères de l'acétate de polyvinyle, CAS 9003-20-7 : Tg vers 28-30 °C, masse volumique 1,19 g/cm³, solubilité dans aromatiques, cétones, alcools, esters et trichlorométhane, hydrolyse en acide acétique.
- Données de procédé publiées sur les colles PVAc en meuble massif (2018, republiées sur Sohu et NetEase) : encollage, temps ouvert, pressage et séchage.
Les valeurs de normes citées proviennent de textes publiés et de compilations tierces ; certaines cases prêtent à discussion selon les résumés, une décision formelle doit suivre le texte officiel.
Dernière mise à jour : 2026-11-01 | Établi par le service technique de Kexin New Materials (Guangdong) Co., Ltd. comme référence de procédé et de choix pour la finition bois et meuble. L'alignement des essais peut être convenu en EXW ou FOB.